En 2018, des matelas fabriqués par Daijin Bed Co. en Corée du Sud ont été trouvés à émettre des niveaux dangereux de radon, car ils contenaient de la monazite, un minéral naturellement radioactif intégré dans les couches dans le cadre d’une tendance santé aujourd’hui discréditée. Cette découverte a entraîné d’énormes rappels, des poursuites judiciaires et une inquiétude nationale sur la qualité de l’air intérieur. Aujourd’hui, des années plus tard, des défenseurs de la sécurité des consommateurs craignent que l’industrie coréenne du matelas ne retombe dans la complaisance.
Résumé des points clés
- L’industrie du matelas en Corée du Sud semble appuyer sur le bouton « snooze » en matière de sécurité liée au radon, malgré le rappel brutal du scandale de Daijin Bed en 2018.
- Les certifications internationales de sécurité ne remplacent pas le besoin de tests et d’approbations locales pour le radon, surtout dans des marchés où la confiance des consommateurs repose sur des normes nationales.
- L’absence de réglementation obligatoire sur la sécurité liée au radon permet aux entreprises d’éviter une transparence complète, soulignant le besoin d’une surveillance et d’une application gouvernementales plus rigoureuses.
Une crise silencieuse en préparation?
Selon l’Association coréenne des normes (KSA), seul Simmons, la marque de matelas la plus vendue au pays, a certifié toute sa gamme de produits pour la sécurité liée au radon. La marque australienne Sealy a presque un bilan parfait avec 92 de ses 94 produits certifiés en Corée du Sud; les modèles Haynes et Crown Jewel restent toutefois non certifiés. Ces modèles ont suscité des inquiétudes, puisque Sealy avait rappelé plus de 350 produits contaminés au radon en 2019.
Sealy affirme que ses lignes non certifiées respectent déjà des normes écologiques strictes à l’étranger et souligne que la certification radon de la KSA est volontaire et non exigée par la loi. Des experts de l’industrie estiment que cela n’est pas suffisant, surtout dans un pays marqué par le scandale Daijin de 2018.
« Même si Sealy détient des certifications internationales, celles-ci ne s’appliquent pas automatiquement en Corée, » explique le professeur Cho Seung-yeon, spécialiste en génie de l’environnement à l’Université Yonsei. « Il y a une raison pour laquelle les pays maintiennent leurs propres normes. En Corée, où les consommateurs restent particulièrement sensibles à la question du radon, la confiance est directement liée à l’obtention d’une approbation locale. »
Lacunes de l’industrie et inquiétude croissante des consommateurs
Malgré les inquiétudes persistantes pour la santé, d’autres grandes marques de matelas continuent d’ignorer l’alarme. Des marques comme Tempur Korea, Sono Season et AllermanSpinks n’ont jamais obtenu de certification radon, tandis qu’Ace Bed n’en a pas reçu depuis 2021.
Le manque de reddition de comptes est préoccupant. Sur environ 280 000 matelas et produits connexes contaminés au radon vendu pendant le scandale Daijin, moins de la moitié, soit environ 130 000 unités, ont été récupérés. Cela signifie que des milliers de foyers pourraient encore abriter des risques radioactifs.
Comme le souligne le professeur Cho, les pays développés s’appuient sur les lignes directrices d’organismes comme l’Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis et les agences sanitaires européennes pour établir des cadres complets en matière de sécurité liée au radon. Ces cadres sont ensuite appliqués à l’échelle nationale et locale, de façon que la protection des consommateurs ne soit ni optionnelle, ni laissée à des arguments marketing.
La Corée du Sud a progressé, mais les certifications radon ressemblent encore davantage à un luxe qu’à une exigence standard. La transparence et la reddition de comptes devraient constituer la base, aucun supplément de confort requis.
Décision de la Cour suprême
Au moment de la production de ce billet, la Cour suprême de Corée du Sud a rendu une décision historique dans l’affaire des matelas au radon, confirmant que les consommateurs exposés à des produits émettant du radon ont droit à une indemnisation, même s’ils n’ont pas développé de maladies physiques. La cour a reconnu que le préjudice psychologique causé par l’exposition au radon, comme la peur et l’anxiété, est un motif légitime de recours juridique. Cette décision établit un précédent important pour les futurs cas de protection des consommateurs liés à des matériaux dangereux.
Environ 130 consommateurs ont poursuivi l’entreprise, réclamant initialement près de 10 millions de ₩ (environ 9 900 $ CA) chacun en dommages pour préjudices physiques et émotionnels. Bien que les tribunaux inférieurs aient déjà accordé des indemnisations partielles, incluant des remboursements de produits et une compensation limitée, la décision de la Cour suprême vient confirmer la reconnaissance juridique des dommages non physiques dans les causes liées à la santé environnementale et à la protection des consommateurs. Elle représente une avancée significative dans la façon dont les tribunaux considèrent le fardeau psychologique d’une exposition prolongée à des polluants intérieurs comme le radon.
Conclusion
Le lit est censé être un lieu de repos et de récupération, où nous passons près du tiers de notre vie à recharger nos énergies. Pourtant, pour des milliers de ménages sud-coréens, ce sentiment de sécurité a été compromis par le risque invisible du radon.
Le cancer du poumon demeure la principale cause de décès liés au cancer, même chez les non-fumeurs. L’importance de la qualité de l’air intérieur ne peut être surestimée. Les Canadiens peuvent rester en avance en utilisant des trousses de dépistage du radon certifiées par le PNCR-C sur 91 jours ou plus, afin de s’assurer que la seule chose sous les couvertures soit une bonne nuit de sommeil.
Test du radon Article du Korea Herald Décision de la Cour suprême